11/09/2008

Alcool, cigarettes.... et p'tites pépées

Les jeunes n'ont jamais bu autant et aussi fort en matière d'alcool que maintenant. C'est du moins ce que j'ai entendu à la radio. Il faut lutter contre ça, nous martèle -t-on à longueur de journée. L'alcool, c'est mal. Interdisons le purement et simplement disent certains. Rendons le moins accessible en le taxant plus fortement disent d'autres. En moyenne, un jeune de treize ans s'est déjà pris au moins une cuite dans sa jeune vie. Il faut y rémedier. Donc on nous propose des " plans alcools. Entre autres, développer des " messages forts" à destination des jeunes et des femmes enceintes ( obligation du logo femme enceinte barré). Interdire de mêler les notions d'alcool et de plaisir. Exit george et son " No martini, no party", trop subversif....

Il me semble, parce que j'ai été jeune aussi, et il n'y a pas si longtemps, que la découverte de l'alcool, au même titre que celle du sexe, ou d'autres choses, est souvent propre à l'adolescence. Qui n'a pas souvenir d'une virée bières entre copains? De là à dire que c'est de pire en pire, je ne suis pas sûre. Je ne nie pas qu'il n'y a pas de problème à ces consommations là, mais je dit juste que pour une fois, au lieu de taper sur ces sales jeunes, on pourrait peut être se poser des questions un peu plus constructives.Je crois qu'interdire purement et simplement reviendrait à accroitre encore le phénomène, si phénomène il y a. Parce que à cet âge là, c'est braver l'interdit qui excite.

Taxer plus fortement, à part une rentrée substantielle dans les caisses du gouvernement, je ne vois pas ce que celà changerait,que du contraire. Les cigarettes n'ont jamais été aussi chères, pourtant les gens ne s'arrêtent pas de fumer. Désormais, ils fument au prix. Et si ça se passait comme ça avec l'alcool?

Quand on privilégie la qualité, on n'a pas besoin de forcer sur la quantité.Peu suffit à donner du plaisir, du goût.

Alors, si, au lieu de diaboliser l'alcool, on éduquait?

Les jeunes, évidemment, mais aussi les moins jeunes. Si on leur apprennait ce qu'est un bon vin, comment et avec quoi on peut le boire, à quel point c'est un monde fascinant? Bien sûr c'est loin d'être de la vodka redbull ( même si un bon pommard peut aussi donner des ailes), et alors?

Apprendre à déguster un bon vin , c'est instaurer certaines notions comme le partage, le plaisir, la convivialité. Car une bouteille se déguste rarement seul, on l'accompagne de quelques amis.On prend plaisir à être ensemble, à découvrir. Petit à petit, on s'interroge, on essaie d'autres vins, d'autres horizons. On découvre un patrimoine, une histoire, des histoires.

On ne boit plus, on savoure.

14:34 Écrit par sandrine dans coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (10) | Tags : jeunes, vin, alcool |  Facebook |

Commentaires

Je suis d'accord avec toi, l'interdiction ne fait qu'accroître l'envie de la braver.
L'éducation est une meilleure solution, encore faudrait il que les parents éduquent eux aussi leurs enfants...

Écrit par : logorrhee | 12/09/2008

Un ami sommelier, Génial! J'ai eu l'occasion de suivre un petit cours d'oenologie cette été, mais en lisant ton blog, je me rends compte que j'ai encore beaucoup de choses à apprendre.
Passionant!

PS- merci pour ton pt message de bienvenue

Écrit par : Caroline | 12/09/2008

log: les parents doivent éduquer leurs enfants au bon goût, au respect des produits, etc.... mais je me rend compte que c'est de moins en moins évident. Même dans les écoles hotelières, l'éducation au vin est parfois d'une pauvreté. Résultat, les gosses qui sortent de là, n'ont pas l'envie d'en découvrir plus, c'est dommage.
Caroline: bienvenue et au plaisir de te revoir par ici...

Écrit par : sandrine | 12/09/2008

Vodka Redbull Eduquer, apprendre, c'est facile à dire. Pas évident de détrôner la vodka redbull. J'ai un gamin de 17 ans qui en plus est en apprentissage dans la restauration et je n'arrive pas à lui faire avaler un verre de vin. Et c'est pas faute d'essayer avec différents vins. Par contre, avec ses potes, ils s'enfilent des crasses parfois jusqu'à en être malade. Je me console en me disant qu'au moins, quand je ne suis pas à la maison, ils ne viendront pas vider ma cave.

Écrit par : cueillelejour | 12/09/2008

justement...je crois que plus particulièrement encore ds la restauration, il faut essayer d'arrêter de présenter le vin comme un produit ringard, comme c'est parfois le cas. Pour les jeunes, c'est l'identification à un produit de vieux, dont l'apprentissage parait difficile ... Or le vin ça doit aussi être ludique...

Écrit par : sandrine | 13/09/2008

j'ai choisi ton blog car le thème est évidement original sur la blogosphere surtout de la manière dont tu t'y atèles... j'imagine qu'avec la foire aux vins qui s'annonce tu dois avoir du travail... si tu veux me faire une petite sélection de bourgogne et cotes du rhone pas trop chers... c'est volontiers &&&

Écrit par : Virginie B | 13/09/2008

je vais voir ce que je peux faire....

Écrit par : sandrine | 13/09/2008

Sandrine, Ils égarèrent et mélangent tout. Moi, du mes 16 ans à mes 25 ans, j'ai bu énormément pendant les week-ends et pendant les virées en semaine. Mais ce n'était que de la bière et parfois du vin. Ce que boivent les jeunes maintenant, ce n'est pas pareil. C'est comme tu dis du wodka red bull, des cocktails de plus en plus forts, des cocktails hypersucrés comme les caïperhina, de la sangria en grandes quantitées. Le sucre + l'alcoohol: celà rentre comme du jus de fruits, mais avec un effet beaucoup plus rapide que la bière. De plus, une verre de bière de 25cl comparé aux quelques cl seulement pour certains alcohols (avec une tonne de glaçons), donc réconsomation beaucoup plus rapide.
Le problème n'est donc pas du tout lié au vin ni à la bière.

Écrit par : mark | 13/09/2008

je sais bien mark, c'est bien pour ça que je maintiens l'importance d'éduquer les jeunes palais. Comme la bonne bouffe s'apprend. Et arreter de dire qu'on n'y peut rien, si justement, on y peut...

Écrit par : sandrine | 13/09/2008

Là encore, je suis complètement d'accord... même avec du retard :)

C'est toute une éducation qui doit être faite sur le vin. D'une part, cela permettrait aux jeunes de boire moins d'alcools forts, les sempiternelles vodka-red bull ou whisky-coca (même si j'ai récemment découvert en Espagne, dans la Mancha, le vin-coca...), mais surtout c'est un apprentissage du goût, de la curiosité (qui peut dire qu'il connait tous les vins ?), du plaisir, du partage, des découvertes sans fin, avec du bon et du moins bon.... c'est un produit unique et pourtant si diversifié.
Personnellement je ne comprends pas comment comment on peut se passer de ce plaisir du vin, et pourtant, ma jeunesse n'est pas loin du tout !

Écrit par : Charlie | 12/05/2010

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