30/04/2008

Les vins trop alcoolisés?....

On observe cette tendance depuis qq temps,il n'est plus rare de trouver des vins à 14 ° ,voire au delà.J'en parlais déjà dans Gros coup de gueule...  mais je pense que la question mérite d'être approfondie.

D'abord,replaçons un peu les choses:pour obtenir du vin,il faut d'abord un raisin,gorgé de sucres(on estime que 17gr de sucres donne 1°).Il en faut ni trop peu,auquel cas on devrait avoir recours à la chaptalisation pour obtenir le ° min)ni trop.Auparavant,c'était souvent le problème numéro un qui se posait dans les régions dites "froides" ...de nos jours la chaptalisation (par ailleurs interdite dans certaines régions comme en Languedoc)recule et le problème s'inverse,les vins deviennent trop lourds,trop riches en alcool...

Il est vrai que l'oenologie(science de l'élaboration du vin) a fait d'énormes progrès .Pasteur,dont les travaux sur l'études des fermentations a aidé à cette démarche,n'en reviendrait pas.Des efforts énormes sur la sélection des porte greffes,des clones,sur l'étude de l'influence des terroirs ont étés faits.Petit à petit,on en est arrivés à maitriser totalement les vinifications(ajout de levures sélectionnées,cuves thermorégulées,vinif à froid ou chaud,macération pélicullaire,sulfitage maitrisé).On a aussi vu l'essor de certaines techniques comme la cryoextraction sélective(congeler les raisins les moins riches en sucre pour ne garder que les plus pourvus,c'est une sélection de la "meilleure matière première),l'osmose inverse,etc.

Toutes ces techniques ont favorisé la production de vins qui ne sont plus jamais vraiment imbuvables,en gén stables,etc.On n'a jamais produit d'aussi bons vins que maintenant,aussi réguliers.Le problème est que trop de technique tue la technique...La sélection naturelle qui s'opérait devient plus compliquée,car l'uniformisme à tendance à se généraliser.

Si les vins atteignent des degrés d'alcool élevés,c'est peut être la faute au changements climatiques,mais pas seulement.Prenons l'Afrique du Sud qui souffre actuellement aussi de ce problème,cela tient plus à l'évolution des pratiques oenologiques sur ces vingt dernières années qu'au climat réellement.Les clones et porte greffes sélectionnés ces dernières années dans les vignobles y sont probablement pour qq chose,en privilégiant des gros producteurs,faciles à mener et pas trop tardifs,il est facile de deviner que ceux ci acquièrent vite des maturités impressionnantes si les conditions s'y pretent.

Les levures sélectionnées sont de plus en plus performantes,elles bouffent du sucre à qui mieux mieux,en produisant pléthore d'éthanol!encore une fois les degrés s'envolent...

Autre plaie du monde du vin,cette tendance parkérienne,qui consiste à ne sélectionner que des vins body buildés,des Schwarzeneger en puissances,des monstres boisés et arrogants mais qui font se pâmer le gourou des critiques...Vous aurez compris que j'apprécie moyennement le personnage et cette espèce de goût unique qu'il défend même s'il s'en défend!L'avantage de ces vins c'est qu'ils sont tellement tout,qu'ils sortent forcément du lot en dégustation comparative mais ils sont en majorité imbuvables.Où est la finesse,où est l'élégance?Pour me faire une infusion de jus de planche,je ne passerais pas mon temps à acheter du vin.Certains donc,tentés de plaire à Maitre Parker,ont voulu pousser leurs raisins au maximum,au risque de déséquilibre ...Heureusement,on assiste à un retournement de situation,et à des vignerons qui veulent un retour à des vins buvables,digestes,et équilibrés.

Et le consommateur,lui,qu'est ce qu'il en pense?Est ce que ces vins trop riches ne vont pas finir par le détourner du vin,de la notion de boisson agréable qu'il contient(alcoolisée certes) pour le classifier dans les alcools durs.Qui a envie d'avoir la tête qui cogne après deux verres de rosé?

Les vignerons réfléchissent certains à court terme,comme ce vigneron qui élabore du rosé et le "déchaptalise"en y ajoutant de l'eau pour faire descendre les degrés(interdit normalement)(voir article revue des vins de France ,Bloc Note,Antoine Gerbelle numéro d'avril 2008).D'autres tentent la désalcoolisation par osmose inverse.(voir http://vignoblechos.com/rb1_view_last.php?rubrique=Rubriq... ).

Certains réfléchissent à plus long terme et essayent de sélectionner d'autres clônes,moins performants peut être mais plus adaptés à une production de vins normalement alcoolisés.Cette remise en question doit se faire de manière globale,en réfléchissant au vin de la vigne au verre,en passant par les vinifications.Si la technique oenologique peut être de grands secours,elle ne doit pas pour autant se substituer entièrement aux hommes,et à leur sensibilité.

 

20:45 Écrit par sandrine dans coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : vin, trop d alcool |  Facebook |

26/04/2008

Re gros coup de gueule

Un truc qui m'agace fortement pour le moment,c'est l'obsession du régime...On ne peux pas ouvrir un magazine sans tomber sur le dossier spécial "anti gras",anti cellulite" etc.Loin de moi l'idée de critiquer celles ou ceux(les hommes sont touchés aussi...) qui les pratiquent.L'important c'est d'être bien dans sa peau,et si ça doit passer par quelques kilos en moins,et bien soit.Je ne critique pas l'idée de régime en soi mais bien cette forme de manipulation qui pousse un nombre incalculable de femmes au supplice de la fonte des graisses.Ce qui me gêne,c'est cette espèce de fièvre saisonnière qui tourne parfois au délire.En substance,le message de ces magazines,c'est "Mesdames,vous qui avez mangé comme des grosses vaches tout l'hiver,camouflées par vos longs pulls,et vos bottes antifroid,il est temps de se secouer(le gras) et de retrouver une ligne correcte..."En gros(c'est le cas de le dire),c'est on se laisse aller la moitié de l'année,et l'autre on cravache pour ratrapper...

Si je comprends bien en Hiver,c'est la fête,on peut manger plein de cochonneries,éviter les épilations(vous n'avez pas remarqué que le sujet épilation est souvent juste derrière celui des régimes miracles...),ne pas faire de sport.Mais attention dès que reviennent les beaux jours,là ça devient draconien,c'est salade verte,bouteille d'eau et transpiration obligatoire pour tout le monde...et calculette,pour le sacrosaint comptage de calories,et pour les plus fortiches,on travaille les neurones et on le fait de tête!

Je trouve assez infantilisant ces articles qui complexent les femmes,toutes,même celles qui ont une ligne parfaite.C'est bientôt l'été,donc c'est régime.C'est bientôt l'été,donc on s'occupe de soi ...

Le pire,c'est toutes celles qui ont l'impression de n'en faire jamais assez,et qui peuvent tomber dans des comportements à risque.Un régime,quand c'est nécessaire,ça peut être très utile,mais il ne faudrait pas céder aux sirènes de la minceur parce que c'est la saison.Celles ou ceux qui ont réellement un problème de poids,c'est toute l'année.Arretons un peu de nous laisser embrigader par les diktats des magazines et retrouvons la liberté de prendre nos propres décisions.Nous vivons dans une société qui tend de plus en plus à nous dire quoi faire et quand(pas fumer,pas boire,pas avoir des comportements qui sortent de la norme,etc...),de là à nous dire quoi penser il n'y a qu'un pas...

 

15:59 Écrit par sandrine dans coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : regime, exces |  Facebook |

23/04/2008

Gros coup de gueule...

Eh oui,je suis plutôt pacifique en général,mais de temps en temps,il y a des choses qui m'énervent et là j'explose...

Comme la façon dont beaucoup de gens voient la nourriture.Loin d'être un vecteur de plaisir,pour certains elle ne revêt que l'aspect obligatoire de survie des choses,pour être en vie,il faut se nourrir,point barre.Envisagée comme ça,ça devient la porte ouverte à tout.D'abord à demander des prix toujours plus bas pour des aliments forcément de moins bonne qualité,au risque d'étrangler les petits producteurs qui n'arrivent plus à suivre.Au risque également d'appauvrir le paysage culinaire en privilégiant des variétés grosses productrices,mais souvent plus fades.Qu'importe l'important c'est dce remplir son estomac,pas de se faire plaisir...

Un autre aspect de notre société,c'est la course à la santé.Comment y parvenir?En adoptant une alimentation diversifiée,riches en légumes,saine ?Apparemment ce n'est pas suffisant puisque presque tous les produits sont maintenant supplémantés en Oméga 3,calcium,magnésium,et autres.Même les colas en contiennent.(vous pouvez boire ces boissons artificielles,pleines de colorants,etc,c'est plein d'antioxydants!?).C'est le monde à l'envers!!!

Je croyais naivement qu'en choississant des produits de saison,et en variant ses menus ,il était possible d'obtenir sa ration quotidienne de vitamines.

Maintenant,avant de se demander quel goût peut avoir un aliment,on regarde son prix,puis ses "valeurs ajoutées".A force,nombre de ces produits n'ont plus de goût...Les chicons(endives) ne sont plus amers...On déshabitue tellement les gens du vrai goût des choses qu'ils seraient incapables de manger des produits non standardisés.Les fromages n'ont plus le droit de sentir,ils n'ont même plus le droit de mûrir tranquilles puisqu'on fait maintenant des cloches spéciales pour éviter qu'ils ne "bougent" et n'attrapent de goûts trop forts...

Il ne faut pas croire que c'est réservé à l'alimentaire,certains vins subissent aussi cette standardisation.L'effet millésimes?Chez certains,ça n'a plus cours.

Les vins sont de plus en plus riches et alcoolisés...Pourquoi?Le réchauffement climatique?Pas seulement!

Certains ont privilégié la solution de facilité à la diversité et choisi des clones de cépages relativement stables,facile à conduire et de bon rendement,par rapport à d'autres variétés plus originales mais plus difficile à travailler.Si les degrés s'envolent,il faut regarder du côté des maturités de raisin qui arrivent de plus en plus tôt...Certains désalcoolisent(pour ma part,je ne suis pas convaincue par ce procédé qui règle le problème installé).D'autres reviennent à des clones plus anciens,aux maturités moins précoces.Il est évident que ces vignerons proposeront des vins bien plus originaux et équilibrés ....Certains cépages sont rares,il faut les préserver!Les terroirs de France ou d'ailleurs peuvent offir un panel de goûts et de sensations tellement différents.Oui,il y a d'autres vins que les chardonnay et les merlots(vous remarquerez d'ailleurs que dans les séries américaines,les héros ne boivent que ça,ou du Dom Pérignon.Quand aux rappeurs,ils préferent le Cristal Roederer...)

En conclusion,si nous voulons avoir encore de la diversité dans nos assiettes,et prendre du plaisir à table,il est temps de se demander ce que l'on veut vraiment.N'oublions pas non plus d'éduquer les jeunes palais,car ce sont eux qui prendront la relève.On entend encore trop d'absurdités à ce sujet comme ce pédiatre,à qui commençant à donner les repas solides pour Ugo et étant en pleine saisons des asperges,j'avais demandé si je pouvais lui en donner.(certains légumes sont déconseillés avant un certain age),m'avait répondu"vous pouvez essayer,il n'aimera pas,les enfants n'aiment pas les asperges".Comme je suis têtue,je l'ai tenté....Résultat,c'est son légume préféré...Comme quoi,il faut faire goûter,essayer et s'amuser.

L'expression "se nourrir" n'est pas seulement réservée à l'alimentaire,c'est dire l'importance qu'on lui accorde,bien au delà d'une simple satisfaction de la mécanique du corps.Réagissons donc avant de nous faire bouffer par tous ces machins inodores et insipides!

16:02 Écrit par sandrine dans coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : nourriture, coup de gueule |  Facebook |

18/04/2008

Bordeaux ou pas Bordeaux,that is the question...

Si vous êtes observateurs,vous avez sûrement remarqué que je parle pas souvent de Bordeaux,voire jamais.Il y a plusieurs raisons à cela.

D'abord,je trouve rarement une bouteille de Bordeaux qui me fasse tomber de ma chaise et me rouler par terre de bonheur.Je trouve quelquefois de bons vins,mais rarement quelque chose d'étonnant ou d'interpellant.

La faute à quoi? Difficile à dire!Sont ce les prix des Bordeaux qui s'envolent allégrement pour certains chateaux,au point de faire douter que dans la bouteille il y a un vin qui se boit,...et que ce n'est pas quelque matière précieuse et intouchable,qu'il faut garder jalousement au secret d'une cave fermée à double tour.Certains vins sont devenus inabordables et ingoûtables,leur valeur spéculative ne cessant de grimper.Qui en profite?Quelques nantis chinois ou russes,qui je crois,ne toucheront pas à ces précieux flacons,mais les feront voir,comme on peut admirer un Picasso ou un Rembrandt.Le problème,c'est que le vin est fait pour être bu(je sais je me répète) ,on peut l'attendre,le laisser grandir,évoluer,mais à un moment,il faut qu'il puisse s'exprimer.

Quel dommage de prendre autant de soin pour ces vins "haute couture" et de ne jamais en profiter.Si c'est l'étiquette qui prime,alors les chateaux devraient les vendre à part,ça leur reviendraient moins cher et serait plus facile!

Des voix commencent à s'élever qui protestent contre l'absurdité des sommes atteintes par certains Bordeaux.A lire d'ailleurs,un article paru dans la RVF du mois Mars,avec une interwiew de AD Perrin,qui fustige les prix surfaits de certains "grands vins".Espérons que le calme revienne ,et que les prix baissent,sans quoi adieu tous ces crus....

L'autre problème de Bordeaux,c'est Bordeaux lui même.Il s'agit d'une région à part,assez traditionnaliste ou hyper moderne selon les cas,mais qui travaille énormément avec des oenologues conseils.(Les "flying Wine makers").D'autres régions le font aussi mais à Bordeaux ,c'est un argument commercial que de s'adjoindre les services d'un Derenoncourt,ou d'un Rolland.Dans l'absolu,rien de répréhensible à cela,mais le fait que très peu de wine makers se partagent beaucoup de vins n'aident pas à la diversité.Il y aura toujours une "patte" Derenoncourt sur ses vins,aussi divers qu'ils puissent être.

A croire qu'à Bordeaux,personne n'a le droit de faire son vin.Les cépages peu diversifiés ne peuvent pas suffire à expliquer la difficulté de trouver des vins originaux.En Bourgogne,ils y arrivent bien,et avec moins de cépages.Les terroirs sont suffisamment riches et différents pour arriver à produire des vins autrement plus excitants...

Ceci n'est pas le cas de tous les domaines(ou de tous les châteaux,à croire qu'il y en a plus à Bordeaux que d'habitants d'ailleurs...).Certains travaillent bien,à des prix raisonnables et n'ont pas encore cédé aux sirènes de la hausse des prix,mais pour combien de temps.

Pour terminer sur une note plus positive,une de mes dernières grandes émotions,c'était un Bordeaux,Cos d'estournel  pour ne pas le nommer,millésime 1996,en Saint estephe,qui acheté il y a quelques temps était encore relativement raisonnable au niveau prix,et qui s'est révelé d'une douceur et d'un velouté incomparable...une petite merveille!

20:30 Écrit par sandrine dans coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bordeaux, vin, cher |  Facebook |

15/04/2008

Interdiction de parler de vin!

Et oui,si ça continue,ce sera bientôt comme ça,du moins en France.

Aucune boisson alcoolisée ne doit faire l'objet de promotion et de publicité.L'ennui,c'est que le vin ,ce n'est pas que de l'alcool,c'est aussi un produit culturel et historique.

L'histoire de la vigne et du vin se perd dans la nuit des temps.Ce qui est sûr,c'est qu'il a toujours bénéficié d'un statut particulier,le placant bien au dessus des autres boissons.Tantôt vin de célébrations et cérémonies de toutes sortes,tantôt vin "aliment",son histoire ou plutôt ses histoires sont nombreuses,riches ....

Réduire le vin à un taux d'alcool serait une grossière erreur.Je ne crois franchement pas que ce soit un produit si dangereux et que les gens soient si irresponsables pour qu'on doive leur interdire.Une consommation raisonnable et mesurée,outre qu'elle peut amener plaisir et convivialité,est aussi bonne pour la santé(French Paradox) alliée à une alimentation équilibrée et à de l'exercice physique régulier peut prolonger qualité et durée de vie(étude danoise  récente).

Et puis,ouvrir une bouteille ne se résume pas à boire,mais bien à titiller tous nos sens,à découvrir un patrimoine,une histoire,les gens qui sont derrière,leur passion pour leur bout de terre et ce qu'ils peuvent en tirer...

Le vin,ou plutôt la culture du vin ,devrait être enseignée tôt,afin d'éviter des consommations maladroites et parfois excessives.C'est la même chose en cuisine,un palais bien éduqué apprendra à jouir de bons produits simplement.

Est ce que on interdira un jour le foie gras parce qu'il peut faire grossir,la musique parce qu'écoutée trop fort elle peut rendre sourd,...

L'alcoolisme,argument numéro un avancé pour justifier cette levée de bouclier contre le vin,est une maladie grave,certes.Mais si certains alcooliques boivent du vin,tous les buveurs de vin ne sont pas alcooliques et ne le deviendront pas un jour.

Il est quand même incroyable qu'au pays de la gastronomie on ne puisse plus parler d'un de ses produits les plus emblématiques.Evidemment,le fait que son président ne semble guère apprécier le breuvage ne va surement pas aider à faire bouger les choses....Et pour comble d'ironie,le même proposait d'élever la gastronomie française au patrimoine mondial (Unesco) il y a quelques semaines.Quid du vin?

 

11:45 Écrit par sandrine dans coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : vin, interdit, coup de gueule |  Facebook |

04/04/2008

Vins trafiqués,on devait s'y attendre...

D'après l'hebdomadaire italien L'Espresso,environ 70 millions de litres de vin toxique pour la santé, contenant notamment des acides, ont été fabriqués et mis sur le marché italien.Les bouteilles ou packs incriminés sont des produits bas de gamme vendus de 0,70 à 2 euros le litre qui "contiennent bien peu de vin: au maximum un tiers, souvent moins", affirme l'enquête de l'hebdomadaire. "Le reste est un mélange meurtrier: une potion faite d'eau, de substances chimiques, d'engrais, de fertilisants et même d'une goutte d'acide chlorhydrique", poursuit le journal. Au cours de contrôles effectués dans une des sociétés incriminées on a retrouvé des récipients contenant de l'acide chlorhydrique, de l'acide sulfurique et 60 kg de sucre", selon la même source.  "En dépit des saisies, de très nombreuses bouteilles restent encore en vente: L'Espresso en a trouvé un stock entier dans un centre commercial du nord-est du pays", affirme l'hebdomadaire. Le ministère de l'Agriculture a assuré dans un communiqué que l'enquête a permis de protéger "les consommateurs" et de faire la différence entre les producteurs honnêtes et malhonnêtes.

Et là je me dis,comment est ce qu'on ne s'en est pas douté plus tôt?Des vins vendus entre 0,70 et 2 euros le litre!!!! A ce prix là,comment voulez vous avoir du vin,et qu'en plus il soit buvable?

Une bouteille de vin qui arrive dans un rayon,c'est de nombreux coûts...il faut d'abord payer le raisin(entretien et amortissement des machines,eau,électricité,produits phytosanitaires,main d'oeuvre),la vinification(là encore pressoirs,cuves,etc;main d'oeuvre,).Ensuite c'est la mise en bouteilles,(qui coûtent elles aussi),l'étiquette,le bouchon,.. il faut aussi pour bien faire que le vigneron gagne un peu sa vie,puis on ajoute les taxes diverses et on arrive à 0,70 euros du litre?(j'ai oublié aussi les coûts de transports)...c'est purement intenable pour un produit de qualité et comme certaines performances sportives impossibles sans dopage,on "booste" le vin à grands coups de produits douteux....

A ces prix là,doit on s'étonner d'avoir une migraine atroce après ingurgitation de ces produits que je n'oserai même pas appeler du vin.Là,on n'est plus dans le débat bio ,pas bio mais entre des produits "naturels" avec leurs défauts et qualités et des produits fabriqués à l'extrème.Bienvenue dans le monde merveilleux du vin Tricatel...

Mais il ne faudrait pas penser que ça n'arrive qu'ailleurs,en Belgique aussi nous avons eu droit à ce type de produits...En 1975,Geens(société belge) a été condamnée pour avoir vendu sous une étiquette frauduleuse (Valpolicella et Chianti) des bibines diverses.En 2002,la même société est suspectée d'un immense trafic de vins de Bordeaux. Y possédant plus de mille Ha de vignes,celle ci s'organise pour produire largement au dessus des quotas autorisés(en France,chaque appelation possède un seuil de production fixé par l'INAO et qu'il ne peut dépasser,si toutefois ça lui arrive,tous surplus doit partir à la distillation).Geens se gardait bien de cela et gardait tous ces vins "pissés" pour les revendre sous de fausses étiquettes de châteaux et de fausses appelations après bien sûr un petit passage par le case amélioration(adjonction de divers produits illicites:poudres,concentré de caramel,fleur d'oranger,etc) et à des prix planchers....

Alors quand vous achetez du vin ,essayez de penser un instant à son prix "juste",qui peut garantir que le vigneron et tous les maillons de la châine soient rémunérés correctement,sans quoi il ne faudrait pas s'étonner d'avoir affaire à ce genre de "vins".Cela ne vous garantira peut être pas une émotion viticole certaine,mais au moins vous aurez la presque certitude de ne pas acheter de l'eau du sucre et des produits chimiques en lieu et place de ce noble breuvage qu'est le vin....

 

 

15:58 Écrit par sandrine dans coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : vin, trafic, bibine, produits chimiques |  Facebook |

30/03/2008

Le nouveau nouveau-monde?

Observée au cours de mes dernières pérégrinations à Montpellier,lors de Vinisud,une nouvelle tendance qui se dessine dans le Languedoc:maintenant on peut trouver dans le Languedoc des vins qui pourraient être Australiens,Californiens ou chiliens.C'est surtout dans les domaines qui produisent beaucoup de volume ,mais pas que.

Le Languedoc a longtemps été une région décriée,condamnée à ne produire que des vins médiocres et destinés à être exportés et coupés avec des vins étrangers.Depuis une vingtaine d'années,la qualité s'est grandement améliorée sous l'impulsion de vignerons courageux et visionnaires,qui les premiers ont décelés toutes les richesses de terroir de ces régions.Maintenant leurs noms sont devenus des références,mais à l'époque ce fût dur!Qui aurait parié sur un  Olivier Jullien,par exemple?Peu de monde à l'époque et maintenant ses vins sont devenus des classiques.Aimé Guibert(Mas Daumas Gassac) a lui aussi grandement contribué à la renommée de ces vins.D'autres domaines ont suivi,se sont développés...

Ensuite,le Languedoc est devenu le nouvel Eldorado...Tout aspirant viticulteur se devait de s'y installer,surtout s'il ne venait pas directement du monde du vin en tant que vigneron d'ailleurs.Nombreuses furent les reconversions réussies ou non,...Ces néovignerons,décomplexés,n'ont pas hésité à imposer directement sur le marché des vins à la Thunevin(microcuvées de microparcelles à un maxiprix...).Beaucoup se sont cassés les dents.Il y a toujours un renouvellement de vignerons,mais ceux ci semblent désormais plus prudents.

En Languedoc,un gros travail a été effectué au niveau des appelations,pour dégrossir quelque peu les appelations un peu fourre-tout qui existait(reconnaissance des terrasses du Larzac,et des différents terroirs de corbières par ex...).C'est pourquoi je m'étonne des vins dégustés dernièrement.D'un côté,on essaie de promouvoir spécificités des terroirs et des vins,et de l'autre on trouve même en appelation des vins qui pourrait aisément passer pour des vins du nouveau monde.J'ai eu l'occasion de goûter un de ceux là à l'aveugle(à côté d'Opus One) et j'ai été déroutée.Je ne savais pas si j'avais affaire à un vin français vinifié à l'américaine ou l'inverse.C'était bien un vin français,mais avec toutes les caractéristiques typiques des américains(bois très présent et vanillé à l'extrème,un côté presque surmûri ,un vrai vin "de pute",un vin dont on ne reprendrait pas un verre parce que définitivement too much...).Où était passé la finesse des terroirs?Certes un vin de concours,monstre de puissance qui éclipserait tous ses adversaires,mais est ce possible de boire ce vin?Pas de le goûter,de le boire.C'est la question!

Je trouve dommageable de faire de pareils vins en Languedoc,alors qu'il en existe déjà de tous pareils ailleurs.Espérons que cette tendance ne perdure pas,...