07/04/2008

Chili et Argentine...

J'avais promis à deux bloggeuses Andréa de http://lederniergateau.blogspot.com et Brigitte de http://cafecreole.blogspot.com  de parler un peu de Chili et d'Argentine,alors voilà:

D'abord le Chili:les vignobles sont situés essentiellement de part et d'autre de Santiago,sur environ 400 km,du nord au sud.La vigne au chili date de l'époque précolombienne,mais sous forme sauvage.La viticulture est introduite par les jésuites et les franciscains  espagnols début 1600.La viticulture devient prospère (eaux de vies et vins).

Magasin à Calama(toutes les photos sont de Brigitte)

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La vraie révolution arrive par l'entremise de Silvestre Ochavagia,qui fit venir des pieds de vigne de cépages européens(cabernet,pinot,riesling,sauvignon,merlot)Il y  amena aussi des spécialistes de la vigne et du vin.On pense que le carmenère date de cette époque mais j'en parlerais plus tard.

Maintenant,plus ou moins 120000 ha sont cultivés.La région la plus importante est la zone centrale,où l'on trouve la célèbre vallée de la Maipo,juste au Sud de Santiago.Les terres là bas sont en gén irriguées.

Au nord,c'est plus difficile de trouver de la vigne,sauf à Acatama et Coquimbo.Les  raisins de cette région servent surtout à l'élaboration du Pisco(eau de vie de marc de raisin).A ne pas confondre d'ailleurs avec le Pisco du Pérou.Celui du Chili est fait à base de muscats(d'où son côté très aromatique)et est appelation d'origine depuis 1931.Il s'agit d'un alcool transparent et translucide et peut dans certains cas présenter une légère couleur ambrée.

Voici la recette du Pisco Sour : Prenez du Pisco pur, mettez le dans le mixeur avec du jus de citron, du sucre glace et un blanc d'oeuf. Mixez. Ajoutez de la glace pilée.

Plus au sud,on trouve Secano central,où l'on cultive essentiellement le Pais.Ces zones situées sur les contreforts de la Cordillière des Andes et près du Pacifique sont plus fraiches et ne nécessitent pas d'irrigation.Le secano sud est spécialisé dans l'élaboration des vins blancs.

Les cépages au chili sont en blanc:-Les moscatels(muscats de différentes variétés)

                                                       -Sémillon,sauvignon,chardonnay ,riesling,.

                                         en rouge:-Pais:son origine est incertaine,mais il est présent au chili depuis le 16ème siècle.Dans les zones irriguées,il donne de trop grands rendements pour en attendre de la qualité,c'est pq il est surtout présent en zone sèche.C'est à partir de lui qu'on élabore le populaire"vino pipeno".

                                                         -Cabernets,côt(malbec),merlot,verdot,pinot noir.

 et puis comment ne pas parler de Carmenère,le cépage emblématique du Chili:il s'agit en fait d'un vieux cépage de Bordeaux,quasiment disparu dans sa région d'origine et qui a été redécouvert au Chili un peu par hasard,par des ampélographes qui trouvaient des vignes de merlot bien curieuses.En fait de merlot,c'était du carménère.Ce cépage donne des vins au profil aromatique très séducteurs,riches et souvent avec une pointe de sucrosité en fin de bouche.

vin du chili 007
Les firmes étrangères ont eu une influence importante dans le développement de l'industrie du vin chilien.(Torres, Lafitte, Rotschild, Robert Mondavi, Pernod Ricard, Kendall-Jackson, Franciscan State, Bruno Prats Grand Marnier,...)

Quelques vineyards:santa rita,santa carolina(de très jolis blancs),Vinas Haras de Pique,santa Inès,Montés,Lurton,Van Siebenthal,Cousino Macul(antiguas réserva)Casa Lapostolle ,Chocalan,(excellents vins très séducteurs)Montgras,Cono sur  et comment ne pas citer peut être le plus célèbre d'entre eux.Concha y toro qui produit en collaboration avec Rotshild,Almaviva.Je reste assez réservée sur ce dernier,le prix étant peut être un peu élevé pour la qualité...

J'espère que vous aurez compris que ça se bouge au chili...J'ai déjà eu l'occasion de goûter des choses renversantes.Maintenant les vignerons ont compris qu'ils avaient un réel potentiel au niveau terroir et essayent de se donner les moyens de réussir de grandes choses.S'ils y arrivent,ils seront vraiment gagnants et les vins chiliens auront un peu plus de place et une meilleure réputation que celle dont ils jouissent en Belgique actuellement ,à savoir d'honnêtes vins de grandes surfaces,à rapport qualité prix excellents,mais manquant parfois d'identité.Il faudra miser sur des régions comme les vallées de Limarí, d’Elqui, de Choapa, d’Aconcagua, de Curicó, de Maule et de Bío-Bío.

Les vins chiliens sont souvent biologiques . En raison d'une saison sèche l'été, les vignes chiliennes souffrent rarement de maladies cryptogamiques. Des barrières géographiques comme le désert d'Atacama dans le Nord, l'Antarctique dans le Sud, les Cordillères des Andes dans l'Est et l'océan Pacifique dans l'Ouest ont protégé le pays de l'entrée du phylloxéra . L'absence de ces menaces permet aux producteurs chiliens d'utiliser le minimum de protections dans leurs vignes. MapaVino

Pour plus de renseignements,voir http://www.prochile.be/Activites.htm Rendez vous demain pour l'Argentine!

14:09 Écrit par sandrine dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : vin, chili, argentine, degustation |  Facebook |

06/04/2008

Les sulfites,c'est quoi?

Question soulevée il y a quelques temps :que sont les sulfites(mention obligatoire aux USA et que l'on trouve actuellement sur presque toutes les bouteilles de vins)

Eh oui,c'est qui ces mystérieux sulfites?Et bien pour le savoir ,il faut revenir à la façon de vinifier un vin.La première chose ,c'est de récolter le raisin.Facile,il n'y a qu'à se baisser...ensuite on foule(faire éclater les raisins sans écraser les pépins et plus aux pieds,il y a des machines pour ça...).Ensuite on égrappe.Suivront pour les blancs le pressurage et pour les rouges une macération puis un pressurage.Mais il faut éviter que ces raisins n'en fassent qu'à leur tête et ne partent en fermentation spontanée,ou ne s'oxydent trop vite.

C'est là qu'intervient le SO2(souffre d'où sulfites).Celui ci permet de sélectionner le milieu fermentaire,de faciliter la clarification,d'acidifier le moût(jus de raisin non encore fermenté) et de retarder les oxydations.IL pêrmet également la conservation des vins.

Le souffre a des vertus désinfectantes,blanchissantes et antiseptiques.C'est pourquoi on en ajoute souvent dans les cuves et barriques pour les nettoyer.On en adjoint également souvent à la mise en bouteille,par sécurité ,pour neutraliser les levures qui pourraient se trouver dans le vin et en présence de sucres résiduels,qui pourraient conduire à une seconde fermentation non désirée.Pour avoir eu une fois des bouteilles qui présentaient ce phénomène,c'était plutôt curieux,les bouchons percaient les cartons sous l'effet de la pression du gaz carbonique dégagé lors de la fermentation...

Le problème du souffre,c'est qu'utilisé en trop grandes quantités,il peut produire de l'hydrogène sulfureux,et là bonjour l'odeur d'oeufs pourris.

Sans compter que certaines personnes plus sensibles se plaignent parfois de maux de tête après ingestion de ces vins aux quantités de souffre plus importantes.Il existe une législation pour l'UE,les vins doivent avoir une teneur réduite pour respecter la dose journalière admissible.L'OMS l'a fixé à 25 mg.

Il faut savoir que le so2 détruit la vitamine B1 dans l'organisme.Pour les vins ,on ne peut théoriquement pas dépasser 160 mg /litre pour les rouges(avec possibilité de dérogation jusqu'à 210)

                                                                          210 mg/litre pour les blancs et les rosés(possibilité de dérogation jusqu'à 260 ).

Pour certains moelleux et liquoreux ,celà peut monter jusqu'à 300 ou 400 mg/litre.

Le problème numéro un du souffre,c'est qu'il est  difficile de s'en passer.on considère que c'est un des plus grands progrès de l'oenologie moderne.Beaucoup de vignerons s'essaient au "sans souffre" et pas que des bios(voir
http://endehors.org/news/la-pollution-du-vin) certains en reviennent(dont Daguenau,voir
http://www.wine-in-france.com/vignerons/dagueneau.html

d'autres persévèrent.

Alors que penser? Il n'y a qu'une solution ,goûter! En voici quelques uns de ces insolites:-Auxerrois Hinterberg ,Binner

                     -la glacière à Ferdinand (voir Un petit défi,ça vous dit? )

                     -Dom du Pech à Buzet

                     -Antoine Aréna en Corse

                     -Tissot en côtes du Jura

Juste pour terminer,il ne faut pas diaboliser non plus le souffre,un vigneron qui travaille correctement,avec une bonne hygiène aux niveaux de ses chais ,et qui est attentif à ses vignes,n'utilisera que des quantités minimes de souffre,bien loin des maximas autorisés.On en revient toujours à la même chose,quelqu'un qui travaille de façon raisonnable et respectueuse de son terroir ne devra pas avoir recours à des tonnes de produits chimiques.

Et comme on dit,In vino Véritas...

 

 

 

 

04/04/2008

Vins trafiqués,on devait s'y attendre...

D'après l'hebdomadaire italien L'Espresso,environ 70 millions de litres de vin toxique pour la santé, contenant notamment des acides, ont été fabriqués et mis sur le marché italien.Les bouteilles ou packs incriminés sont des produits bas de gamme vendus de 0,70 à 2 euros le litre qui "contiennent bien peu de vin: au maximum un tiers, souvent moins", affirme l'enquête de l'hebdomadaire. "Le reste est un mélange meurtrier: une potion faite d'eau, de substances chimiques, d'engrais, de fertilisants et même d'une goutte d'acide chlorhydrique", poursuit le journal. Au cours de contrôles effectués dans une des sociétés incriminées on a retrouvé des récipients contenant de l'acide chlorhydrique, de l'acide sulfurique et 60 kg de sucre", selon la même source.  "En dépit des saisies, de très nombreuses bouteilles restent encore en vente: L'Espresso en a trouvé un stock entier dans un centre commercial du nord-est du pays", affirme l'hebdomadaire. Le ministère de l'Agriculture a assuré dans un communiqué que l'enquête a permis de protéger "les consommateurs" et de faire la différence entre les producteurs honnêtes et malhonnêtes.

Et là je me dis,comment est ce qu'on ne s'en est pas douté plus tôt?Des vins vendus entre 0,70 et 2 euros le litre!!!! A ce prix là,comment voulez vous avoir du vin,et qu'en plus il soit buvable?

Une bouteille de vin qui arrive dans un rayon,c'est de nombreux coûts...il faut d'abord payer le raisin(entretien et amortissement des machines,eau,électricité,produits phytosanitaires,main d'oeuvre),la vinification(là encore pressoirs,cuves,etc;main d'oeuvre,).Ensuite c'est la mise en bouteilles,(qui coûtent elles aussi),l'étiquette,le bouchon,.. il faut aussi pour bien faire que le vigneron gagne un peu sa vie,puis on ajoute les taxes diverses et on arrive à 0,70 euros du litre?(j'ai oublié aussi les coûts de transports)...c'est purement intenable pour un produit de qualité et comme certaines performances sportives impossibles sans dopage,on "booste" le vin à grands coups de produits douteux....

A ces prix là,doit on s'étonner d'avoir une migraine atroce après ingurgitation de ces produits que je n'oserai même pas appeler du vin.Là,on n'est plus dans le débat bio ,pas bio mais entre des produits "naturels" avec leurs défauts et qualités et des produits fabriqués à l'extrème.Bienvenue dans le monde merveilleux du vin Tricatel...

Mais il ne faudrait pas penser que ça n'arrive qu'ailleurs,en Belgique aussi nous avons eu droit à ce type de produits...En 1975,Geens(société belge) a été condamnée pour avoir vendu sous une étiquette frauduleuse (Valpolicella et Chianti) des bibines diverses.En 2002,la même société est suspectée d'un immense trafic de vins de Bordeaux. Y possédant plus de mille Ha de vignes,celle ci s'organise pour produire largement au dessus des quotas autorisés(en France,chaque appelation possède un seuil de production fixé par l'INAO et qu'il ne peut dépasser,si toutefois ça lui arrive,tous surplus doit partir à la distillation).Geens se gardait bien de cela et gardait tous ces vins "pissés" pour les revendre sous de fausses étiquettes de châteaux et de fausses appelations après bien sûr un petit passage par le case amélioration(adjonction de divers produits illicites:poudres,concentré de caramel,fleur d'oranger,etc) et à des prix planchers....

Alors quand vous achetez du vin ,essayez de penser un instant à son prix "juste",qui peut garantir que le vigneron et tous les maillons de la châine soient rémunérés correctement,sans quoi il ne faudrait pas s'étonner d'avoir affaire à ce genre de "vins".Cela ne vous garantira peut être pas une émotion viticole certaine,mais au moins vous aurez la presque certitude de ne pas acheter de l'eau du sucre et des produits chimiques en lieu et place de ce noble breuvage qu'est le vin....

 

 

15:58 Écrit par sandrine dans coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : vin, trafic, bibine, produits chimiques |  Facebook |

03/04/2008

C'est bio,c'est bon ? II

Suite à l'étude sur les résidus de pesticides trouvés dans les vins "normaux" et pas dans les vins bios,j'avais envie de préciser 2-3 choses.

D'abord je suis pour le bio,si ça peut permettre de consommer des aliments plus sains et de conserver  une meilleure santé plus longtemps.En tant que maman,c'est un argument qui me parle,je n'aimerai pas "fourguer" n'importe qui à mon petit bonhomme.

Néanmoins,je n'adhère pas au courant qui consiste à dire que c'est bon (gustativement parlant) parce que c'est bio.C'est peut être bon ET bio ce qui est légerement différent vous en conviendrez.

Il est vrai qu'un vigneron qui fait la démarche de s'inscrire dans une viticulture bio sera peut être plus attentif à la qualité de ses raisins,mais je crois aussi qu'il faut plus que respecter un cahier des charges pour être un bon vigneron.Il faut la passion,l'âme et l'amour que l'on peut mettre dans son vin et cela qu'on soit vigneron "bio",ou non...Il faut connaitre son terroir,son histoire,le potentiel de ses cépages sur le bout des doigts et utiliser ses connaissances techniques à bon escient pour être bon.

Tout le monde n'a pas ces qualités et ce n'est pas parce qu'on est un agriculteur "propre" qu'on est un bon vigneron.

Dans un monde idéal,on ne parlerait pas de vin bio ou non,tout serait bio et  point à la ligne...Mais ce monde n'est pas idéal et oui,nous pouvons tenter d'inverser le mouvement en choisissant des qualités bios mais faut il pour autant se passer d'autres vins,parce qu'ils ne sont qu'en lutte raisonnée?

Pour ma part ,quand je goûte un vin,avant de demander son profil complet,je me demande s'il est bon ou non,afin d'avoir le moins d'a priori possibles et si j'apprends qu'il est bio,tant mieux.Je privilégierais toujours un vin bio à un autre "traditionnel" s'ils sont de qualités équivalentes.

15:04 Écrit par sandrine dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bio, vin, pesticide |  Facebook |

31/03/2008

Après les oléoducs,voici les vinéoducs...

C'est l'idée qui se développe au sein de l'agence de développement à l'exportation des vins Corses.En effet,ceux ci sont peu distribués à l'exterieur de l'île de Beauté.Ils rencontrent des problèmes de coût,qui sont beaucoup trop élevés.

Ainsi,une idée a germé et s'est fait peu à peu une place:pourquoi ne pas créer un "vinéoduc" sur le modèle des oléoducs,qui relierait l'île au continent via Marseille.

Une plateforme destinée à collecter les vins amenés par camions-citernes  serait installée à Calvi,ensuite les vins en vrac seraient acheminés par le vinéoduc citerne par citerne afin de ne pas mélanger les lots.Toute une filière de traçabilité informatique va être crée,pour éviter les fraudes ou les mauvaises manipulations.

A Marseille,doit être construite une plateforme de réception ,avec une chaine d'embouteillage performante (capacité de 500000  bouteilles/an).Chaque vigneron enverra ses propres étiquettes à la chaine.

Si tout va bien ,les premiers travaux devraient commencer cet été et se terminer au printemps prochain,à temps pour les premières expéditions du millésime 2008.

Apprêtez vous à découvrir,si ce n'est déjà fait ,ces vins...

23:00 Écrit par sandrine dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : vineoducs, vin, degustation, corse |  Facebook |

Vous prendrez du fromage?

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De nouveau une soirée fromage au programme mais celle -ci va s'effectuer en deux parties:la première concernera l'accord fromages et vins,la seconde fromage et bières...

D'abord je tenais à parler de la cremerie qui m'a fourni les fromages,il s'agit de la crèmerie Saint Simeon,basée à Houtaing st Simeon et présente notamment sur le marché d'Amay(le samedi).Si vous êtes dans le coin,allez y faire un tour.Freddy Hendrix connait ses fromages et leurs degrés d'affinage sur le bout de ses doigts et sais vous conseiller parfaitement.Ceci étant dit,voici la liste des fromages dégustés:

    -Tomme suisse vaudoise,légère croûte fleurie

    -Selles sur cher affiné mais pas trop

    -Fontina d'Aoste

    -Pont l'évèque

    -Patachouffe(affiné à la bière)

    -Bruzy maigre

    -St félicien

    -Tallegio fermier

    -Plaisir au chablis

    -Bottera pagliettina(aux trois laits)

    -Bleu espagnol Questo

Avec ça,nous avions deux vins,un rouge et un blanc:

    -"fragile",Anjou blanc,cépage chenin,2006,dom de la grange aux belles(en bio)

    -"La Ponce",Rasteau,cépages 80 % grenache,20 % de syrah,2004,dom des Escaravailles

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     L'anjou a un nez assez mûr de confiture d'abricot et de miel,mais la bouche est elle tout en fraicheur,sur des fruits frais(pêche jaune,abricot,poire) ce qui est assez déroutant car au nez on pense avoir une bouche sucrée,finalement pas du tout...

    Le Rasteau a un nez très expressif de réglisse,de fruits rouges compotés,de tabac blond,de poivre torréfié.La bouche se révèle tout aussi expressive,pleine et ronde,avec et c'est à noter pour Rasteau,une belle fraicheur tout de même(Rasteau étant une des appelation les plus "chaudes" du Rhône,ses vins ont tendance parfois à partir vers des côtés alcooleux en fin de bouche assez désagréables...).

Pour le Selles sur Cher,le blanc fait des merveilles en se mariant à l'acidité du fromage.Le rouge est un peu dépassé par les évènements...

Le saint félicien a préféré le rouge,le blanc étant trop délicat pour son gras et ses arômes puissants.

La tomme suisse s'est accomodée des deux,avec tout de même une petite tendance vers le rouge...

Le pont l'évèque,le Patachouffe et le Bruzy etaient en parfaite connivence avec le rouge,les épices de l'un et sa fraicheur contrebalancant le côté fort en gueule des autres...

La fontina(superbe de douceur), et le tallegio fermier s'entendaient à merveille avec le blanc,rondeur et fraicheur,douceur et fruité...

Le petit Chablis n'était en parfait accord avec aucun,il lui aurait fallu un blanc plus nerveux...

Le Botera(lait de vache ,brebis,chèvre),étonnant avec une dominante ovine bien présente mais sans le "piquant"...Superbe mariage avec le blanc!

Pour le bleu,comme le taux de sel est très peu présent,le rouge peut convenir ,toutefois je lui ai préfére le blanc...question de goût!

Résultat....égalité!

A demain pour l'accord bières et fromage!

 

 

30/03/2008

Le nouveau nouveau-monde?

Observée au cours de mes dernières pérégrinations à Montpellier,lors de Vinisud,une nouvelle tendance qui se dessine dans le Languedoc:maintenant on peut trouver dans le Languedoc des vins qui pourraient être Australiens,Californiens ou chiliens.C'est surtout dans les domaines qui produisent beaucoup de volume ,mais pas que.

Le Languedoc a longtemps été une région décriée,condamnée à ne produire que des vins médiocres et destinés à être exportés et coupés avec des vins étrangers.Depuis une vingtaine d'années,la qualité s'est grandement améliorée sous l'impulsion de vignerons courageux et visionnaires,qui les premiers ont décelés toutes les richesses de terroir de ces régions.Maintenant leurs noms sont devenus des références,mais à l'époque ce fût dur!Qui aurait parié sur un  Olivier Jullien,par exemple?Peu de monde à l'époque et maintenant ses vins sont devenus des classiques.Aimé Guibert(Mas Daumas Gassac) a lui aussi grandement contribué à la renommée de ces vins.D'autres domaines ont suivi,se sont développés...

Ensuite,le Languedoc est devenu le nouvel Eldorado...Tout aspirant viticulteur se devait de s'y installer,surtout s'il ne venait pas directement du monde du vin en tant que vigneron d'ailleurs.Nombreuses furent les reconversions réussies ou non,...Ces néovignerons,décomplexés,n'ont pas hésité à imposer directement sur le marché des vins à la Thunevin(microcuvées de microparcelles à un maxiprix...).Beaucoup se sont cassés les dents.Il y a toujours un renouvellement de vignerons,mais ceux ci semblent désormais plus prudents.

En Languedoc,un gros travail a été effectué au niveau des appelations,pour dégrossir quelque peu les appelations un peu fourre-tout qui existait(reconnaissance des terrasses du Larzac,et des différents terroirs de corbières par ex...).C'est pourquoi je m'étonne des vins dégustés dernièrement.D'un côté,on essaie de promouvoir spécificités des terroirs et des vins,et de l'autre on trouve même en appelation des vins qui pourrait aisément passer pour des vins du nouveau monde.J'ai eu l'occasion de goûter un de ceux là à l'aveugle(à côté d'Opus One) et j'ai été déroutée.Je ne savais pas si j'avais affaire à un vin français vinifié à l'américaine ou l'inverse.C'était bien un vin français,mais avec toutes les caractéristiques typiques des américains(bois très présent et vanillé à l'extrème,un côté presque surmûri ,un vrai vin "de pute",un vin dont on ne reprendrait pas un verre parce que définitivement too much...).Où était passé la finesse des terroirs?Certes un vin de concours,monstre de puissance qui éclipserait tous ses adversaires,mais est ce possible de boire ce vin?Pas de le goûter,de le boire.C'est la question!

Je trouve dommageable de faire de pareils vins en Languedoc,alors qu'il en existe déjà de tous pareils ailleurs.Espérons que cette tendance ne perdure pas,...