18/04/2008

Bordeaux ou pas Bordeaux,that is the question...

Si vous êtes observateurs,vous avez sûrement remarqué que je parle pas souvent de Bordeaux,voire jamais.Il y a plusieurs raisons à cela.

D'abord,je trouve rarement une bouteille de Bordeaux qui me fasse tomber de ma chaise et me rouler par terre de bonheur.Je trouve quelquefois de bons vins,mais rarement quelque chose d'étonnant ou d'interpellant.

La faute à quoi? Difficile à dire!Sont ce les prix des Bordeaux qui s'envolent allégrement pour certains chateaux,au point de faire douter que dans la bouteille il y a un vin qui se boit,...et que ce n'est pas quelque matière précieuse et intouchable,qu'il faut garder jalousement au secret d'une cave fermée à double tour.Certains vins sont devenus inabordables et ingoûtables,leur valeur spéculative ne cessant de grimper.Qui en profite?Quelques nantis chinois ou russes,qui je crois,ne toucheront pas à ces précieux flacons,mais les feront voir,comme on peut admirer un Picasso ou un Rembrandt.Le problème,c'est que le vin est fait pour être bu(je sais je me répète) ,on peut l'attendre,le laisser grandir,évoluer,mais à un moment,il faut qu'il puisse s'exprimer.

Quel dommage de prendre autant de soin pour ces vins "haute couture" et de ne jamais en profiter.Si c'est l'étiquette qui prime,alors les chateaux devraient les vendre à part,ça leur reviendraient moins cher et serait plus facile!

Des voix commencent à s'élever qui protestent contre l'absurdité des sommes atteintes par certains Bordeaux.A lire d'ailleurs,un article paru dans la RVF du mois Mars,avec une interwiew de AD Perrin,qui fustige les prix surfaits de certains "grands vins".Espérons que le calme revienne ,et que les prix baissent,sans quoi adieu tous ces crus....

L'autre problème de Bordeaux,c'est Bordeaux lui même.Il s'agit d'une région à part,assez traditionnaliste ou hyper moderne selon les cas,mais qui travaille énormément avec des oenologues conseils.(Les "flying Wine makers").D'autres régions le font aussi mais à Bordeaux ,c'est un argument commercial que de s'adjoindre les services d'un Derenoncourt,ou d'un Rolland.Dans l'absolu,rien de répréhensible à cela,mais le fait que très peu de wine makers se partagent beaucoup de vins n'aident pas à la diversité.Il y aura toujours une "patte" Derenoncourt sur ses vins,aussi divers qu'ils puissent être.

A croire qu'à Bordeaux,personne n'a le droit de faire son vin.Les cépages peu diversifiés ne peuvent pas suffire à expliquer la difficulté de trouver des vins originaux.En Bourgogne,ils y arrivent bien,et avec moins de cépages.Les terroirs sont suffisamment riches et différents pour arriver à produire des vins autrement plus excitants...

Ceci n'est pas le cas de tous les domaines(ou de tous les châteaux,à croire qu'il y en a plus à Bordeaux que d'habitants d'ailleurs...).Certains travaillent bien,à des prix raisonnables et n'ont pas encore cédé aux sirènes de la hausse des prix,mais pour combien de temps.

Pour terminer sur une note plus positive,une de mes dernières grandes émotions,c'était un Bordeaux,Cos d'estournel  pour ne pas le nommer,millésime 1996,en Saint estephe,qui acheté il y a quelques temps était encore relativement raisonnable au niveau prix,et qui s'est révelé d'une douceur et d'un velouté incomparable...une petite merveille!

20:30 Écrit par sandrine dans coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : bordeaux, vin, cher |  Facebook |