14/08/2008

Le vin et les vins.....

Dans le monde du vin, c'est parfois difficile d'entendre des sons de cloches différents. En général, les commentaires sont policés, les prises de paroles mesurées, et les discours parfois un peu trop lisses.

Difficile d'entendre des échos différents. Je ne sais pas trop à quoi ça est du, est ce une auto censure dictée par les impératifs marketings ou pas, en tous cas, la plupart du temps, c'est ainsi.

Sauf quand, de temps à autre, un téméraire se permet une sortie. Derenoncourt, on peut l'aimer ou pas, mais ce qui est sûr, c'est qu'il a du talent et n'a plutôt pas la langue dans sa poche. Lu dans IVV, cette phrase à propos des vins " natures": " ça fait trop longtemps qu'ils nous pourrissent les bars à vins. Le cuir, d'accord, le crottin de cheval, non!".

A l'heure où il est de l'extrème chic de boire ces vins natures, où quiquonque osant dire autre chose que du bien de ces vins là, se fait traiter de béotien qui n'a rien compris au sens du vrai vin, c'est plutôt gonflé...

Car oui, pour ses adeptes, le vin nature, c'est du vrai vin. L'autre, c'est quoi? Je m'interroge, encore. Est ce que travailler sans filets,c' est de l'héroisme ou de l'inconscience?

Est ce que produire des vins hypra sensibles à l'oxydation, aux changements de température, est un progrès?

Je n'ai pas encore tranché véritablement, car s'il m'est arrivé de goûter des vins sublimes, j'ai été aussi fortement déçue par d'autres. Pour moi, un rosé qui a des arômes de croutes de fromages laissées sur un radiateur plusieurs jours, ce n'est pas de l'ordre de l'agréable, ni encore moins des arômes que j'attend d'un rosé.

Et si, simplement on essayait de garder un peu de raison, et qu' on faisait ce type de vin d'abord quand on a les capacités techniques, les raisins sains, et le type de vin en tête pour le faire? On éviterait peut être pas mal de ( grosses ) boulettes.

N'empêche, une question me turlupine. Je me demande si l'égo des dégustateurs n'y est pas pour quelque chose. Je m'explique: goûter des vins que tout le monde connait, c'est facile mais peu valorisant. Par contre, sortir de la norme, du conformisme et sortir des sentiers balisés, c'est bien mieux pour l'image. Donc, après les régions délaissées, il fallait bien trouver autre chose, pour être anticonformiste. Et paf ! Voilà le vin nature, avec cette espèce d'aura de martyr , de vin pur contre tous les méchants vins impurs.... Et de se réclamer de cette mouvance, en soulignant son anticonformisme marqué, n'est pas finalement être plus conformiste que les conformistes?

Bref, ma position est on ne peut plus claire: je n'en ai pas. Je goûte, c'est bon, c'est bien, ce n'est pas bon, je jette.Et ainsi, je m'assure de ne pas passer à côté de jolies découvertes, qu'elles soient natures ou non, qu'importe!

Moi, ce que j'aime, c'est le VIN !

 

 

15:29 Écrit par sandrine dans coups de gueule | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : vins natures, derenoncourt |  Facebook |

06/04/2008

Les sulfites,c'est quoi?

Question soulevée il y a quelques temps :que sont les sulfites(mention obligatoire aux USA et que l'on trouve actuellement sur presque toutes les bouteilles de vins)

Eh oui,c'est qui ces mystérieux sulfites?Et bien pour le savoir ,il faut revenir à la façon de vinifier un vin.La première chose ,c'est de récolter le raisin.Facile,il n'y a qu'à se baisser...ensuite on foule(faire éclater les raisins sans écraser les pépins et plus aux pieds,il y a des machines pour ça...).Ensuite on égrappe.Suivront pour les blancs le pressurage et pour les rouges une macération puis un pressurage.Mais il faut éviter que ces raisins n'en fassent qu'à leur tête et ne partent en fermentation spontanée,ou ne s'oxydent trop vite.

C'est là qu'intervient le SO2(souffre d'où sulfites).Celui ci permet de sélectionner le milieu fermentaire,de faciliter la clarification,d'acidifier le moût(jus de raisin non encore fermenté) et de retarder les oxydations.IL pêrmet également la conservation des vins.

Le souffre a des vertus désinfectantes,blanchissantes et antiseptiques.C'est pourquoi on en ajoute souvent dans les cuves et barriques pour les nettoyer.On en adjoint également souvent à la mise en bouteille,par sécurité ,pour neutraliser les levures qui pourraient se trouver dans le vin et en présence de sucres résiduels,qui pourraient conduire à une seconde fermentation non désirée.Pour avoir eu une fois des bouteilles qui présentaient ce phénomène,c'était plutôt curieux,les bouchons percaient les cartons sous l'effet de la pression du gaz carbonique dégagé lors de la fermentation...

Le problème du souffre,c'est qu'utilisé en trop grandes quantités,il peut produire de l'hydrogène sulfureux,et là bonjour l'odeur d'oeufs pourris.

Sans compter que certaines personnes plus sensibles se plaignent parfois de maux de tête après ingestion de ces vins aux quantités de souffre plus importantes.Il existe une législation pour l'UE,les vins doivent avoir une teneur réduite pour respecter la dose journalière admissible.L'OMS l'a fixé à 25 mg.

Il faut savoir que le so2 détruit la vitamine B1 dans l'organisme.Pour les vins ,on ne peut théoriquement pas dépasser 160 mg /litre pour les rouges(avec possibilité de dérogation jusqu'à 210)

                                                                          210 mg/litre pour les blancs et les rosés(possibilité de dérogation jusqu'à 260 ).

Pour certains moelleux et liquoreux ,celà peut monter jusqu'à 300 ou 400 mg/litre.

Le problème numéro un du souffre,c'est qu'il est  difficile de s'en passer.on considère que c'est un des plus grands progrès de l'oenologie moderne.Beaucoup de vignerons s'essaient au "sans souffre" et pas que des bios(voir
http://endehors.org/news/la-pollution-du-vin) certains en reviennent(dont Daguenau,voir
http://www.wine-in-france.com/vignerons/dagueneau.html

d'autres persévèrent.

Alors que penser? Il n'y a qu'une solution ,goûter! En voici quelques uns de ces insolites:-Auxerrois Hinterberg ,Binner

                     -la glacière à Ferdinand (voir Un petit défi,ça vous dit? )

                     -Dom du Pech à Buzet

                     -Antoine Aréna en Corse

                     -Tissot en côtes du Jura

Juste pour terminer,il ne faut pas diaboliser non plus le souffre,un vigneron qui travaille correctement,avec une bonne hygiène aux niveaux de ses chais ,et qui est attentif à ses vignes,n'utilisera que des quantités minimes de souffre,bien loin des maximas autorisés.On en revient toujours à la même chose,quelqu'un qui travaille de façon raisonnable et respectueuse de son terroir ne devra pas avoir recours à des tonnes de produits chimiques.

Et comme on dit,In vino Véritas...